WARMI
Selon l'ONG Global Witness, l'Amérique latine est la région la plus dangereuse du monde pour les défenseurs de la nature, en particulier les militantes écologistes. Les femmes sont les premières à subir les conséquences du dérèglement climatique, les difficultés sociales et les violences qui en découlent. Et ce sont les premières à défendre la nature également. A titre d’exemple les actions du collectif Mujeres Amazónicas contre l’exploitation pétrolière et forestière de leurs terres ancestrales en Equateur. Tout en étant loin de cette réalité, je me sens proche de ce mouvement. Je souhaite renouer le lien avec la nature, le corps et la spiritualité.
Mon intention est de symboliser le lien créateur entre la femme et le monde végétal, nourrissant ainsi les imaginaires. Dans la lignée des herbiers en cyanotype, notamment celui d'Anna Atkins, je développe une nouvelle iconographie en créant des portraits et close-ups représentant le corps en mouvement toujours liés au monde végétal. La série a été créée à partir de photographies prises en studio de la danseuse Aurélie Képès. Ces images ont ensuite été traitées en cyanotypes aux tonalités claires dans l'idée de préserver une sensation de légèreté et d'envol. L’Herbier WARMI prend forme avec l’asperge sauvage qui est une plante herbacée vivace que l’on trouve dans tout le bassin méditerranéen. Les racines d’asperge sauvage, sont considérées par les asiatiques comme un outil qui favoriserait l’ouverture de la conscience et le voyage dans d’autres dimensions et d’autres lieux. Elle aiderait à guérir le corps tout en élevant la conscience.
Ces cyanotypes ont été enrichis à la broderie. Le corps féminin, dans toute sa force et beauté, est ainsi relié au végétal par un fil. Ce fil blanc est un hommage à ma grand-mère qui a consacré sa vie à faire du crochet avec du fil clair. J'ai opté pour un fil blanc d'alpaga, qui est naturellement léger et doux. Son épaisseur et sa douceur offrent la texture nécessaire au toucher. La main glisse du papier aquarelle teinté à la broderie. Le lien est tactile, visuel, réél. La femme est actrice et non passive. La femme est une guerrière, toujours à l’écoute de la nature. WARMI signifie "femme" en Kichwa, une langue indigène équatorienne.