PINK DELIRIUM

Un été arlésien. Face au défi du réchauffement climatique, le centre-ville d’Arles est particulièrement sensible aux épisodes de canicule estivale. Cette ville largement minérale, a tendance à retenir la chaleur. Quel impact cela a-t-il sur la santé mentale des résidents ?

Au gré des déambulations dans la ville antique, la chaleur nous mène dans les limbes de l’irréel.  En quête de fraîcheur, nous fuyions l’astre solaire, avançant sous sa brûlure implacable. Dans ce fourmillement surchauffé, mes prunelles guettent la moindre lueur de verdure, un soupçon de nature vivace.

Une vigilance exacerbée, fruit d’un délire fiévreux, où les méandres de la pensée vacillent. Les origines du délirium réside souvent dans une altération brutale de l’état de santé comme la déshydratation. Le délirium se manifeste par des bouleversements cognitifs et des altérations percéptuelles telles que la désorientation spatiale et les hallucinations visuelles. C’est un état de confusion temporaire soudain, habituellement réversible.

La déshydratation et la sensation de chaleur intense ont suscité en moi une hypervigilance, mes yeux cherchant constamment la fraîcheur et la nature. Convaincue initialement de pouvoir maîtriser cette obsession, ma vision s’est progressivement troublée. J’ai été envahie par des teintes enflammées d’un rose brûlant. Je navigue entre rêves et hallucinations. Le réel n’est plus palpable.

Le centre historique d’Arles, témoin de son évolution à travers les âges, constitue un trésor du patrimoine mondial. Des architectes proposent de le préserver en utilisant des ombrages naturels de Camargue, et en revégétalisant les espaces publics. Les Rencontres de la photographie s’adaptent déjà aux changements climatiques, ajustant les horaires pour lutter contre la chaleur. Mais sera-ce suffisant pour les étés à venir?

Précédent
Précédent

WARMI

Suivant
Suivant

EXPANSIONES